Projet désimperméabilisation et végétalisation des cours d’école
Un projet fédérateur de la maternelle au doctorat
2025-2028
Le dispositif « Chef de projet de partenariat » du Ministère de l’Agriculture et de la Souveraineté Alimentaire (MASA) met à disposition d’un EPLEFPA un ingénieur agronome sortant d’école pour une durée de trois ans, afin de mener un projet partenarial qui vise à répondre aux besoins du territoire en mobilisant des apprenants dans une démarche pédagogique, et des structures de recherche ou d’expérimentations pour la mobilisation et production de savoirs.
Dans ce cadre, un ingénieur Chef de Projet de Partenariat a rejoint le campus Nantes Terre Atlantique de 2025 à 2028 pour travailler autour de la thématique de la “Désimperméabilisation et la végétalisation des cours d’école”, en partenariat avec l’Institut Agro Rennes Angers, et les villes de Nantes et Angers.
Référent du projet : Tanguy Aubreton, Chef de projet et partenariat.
Contact : tanguy.aubreton@educagri.fr +33 6 21 67 75 83
Tuteur de proximité : Grégory THOMAS, Enseignant en sciences et techniques horticoles au LPA Le Grand Blottereau, campus Nantes Terre Atlantique
Tutrice de recherche : Laure VIDAL-BEAUDET, Professeur en agronomie urbaine, Unité propre EPHor (Environnement Physique de la plante Horticole), Institut Agro Rennes-Angers

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Prochains évènements
31/03/2026 (8h20-9h20), et le 08/04/2026 (8h20-12h20) : Interventions des animatrices du Parcours Nature auprès de 1ère pro du LPA pour finaliser les animations pour les enfants de l’école des Dervallières
01/04/2026 (14h-17h) : Sortie des BTS AP à l’école des Dervallières (Séquence : Aménagements paysagers en transition)
26/05/2026 : Journée de restitution des animations des élèves de 1ère pro du LPA, auprès des enfants de l’école élémentaire des Dervallières.Date à définir en juin : Deuxième Comité de Pilotage du projet (COPIL) à l’Institut Agro Rennes-Angers, campus d’Angers
Contexte du projet
Face au changement climatique, les villes sont de plus en plus exposées à des épisodes de températures élevés, renforcé par la structure des villes (surfaces imperméables, structure du bâti, etc.) qui crée des phénomènes d’îlots de chaleur, lorsque la température de l’air nocturne est supérieure en milieu urbain par rapport à une zone non urbanisée (Source : Oke,1973). D’autre part, l’imperméabilisation des sols est à l’origine de ruissellement des eaux de pluie, limitant l’infiltration de l’eau dans les sols et l’accumulation des polluants dans les eaux de surface. Enfin, le faible espace dédié au végétal en ville en fait des zones où la biodiversité est peu présente, d’où une certaine déconnexion du grand public à la nature. Ces différents éléments peuvent altérer le bien être et la santé des populations citadines, notamment chez les plus vulnérables dont font partie les enfants.
Pour contrebalancer ces éléments, de plus en plus de villes mettent en place des projets de déscellement (ou désimperméabilisation) de leurs sols, et redonnent une place plus importante au végétal et à la biodiversité. C’est notamment le cas des villes de Nantes et Angers qui axent leur travail sur la reconception de leurs cours d’école. En effet, s’intéresser aux écoles permet d’une part d’agir à travers l’ensemble du maillage urbain, mais également d’agir auprès d’un jeune public plus vulnérable aux épisodes de forte température. Cela constitue enfin une opportunité pour sensibiliser les jeunes générations aux enjeux du changement climatique, à la place de la nature en ville voir même à la transition agroécologique.
En tant qu’ établissements d’enseignement agricole, l’EPLEFPA Nantes terre Atlantique et l’Institut Agro Rennes-Angers possèdent un ensemble de connaissances et compétences notamment en agronomie, aménagements paysagers et horticulture, mobilisables dans le cadre de la reconception des cours d’école. Les apprenants de niveaux variés, de la troisième de l’enseignement agricole côté EPLEFPA, jusqu’à la formation d’ingénieur de l’Institut Agro, collaborent autour de projets proposés par un commanditaire, ce qui les place en situation professionnelle concrète.
La mise en place de ce projet fédérateur permet de poser une question :
Comment la reconception des cours d’écoles peut servir de support pédagogique pour les établissements d’enseignement agricole technique et supérieur, pour l’étude du changement climatique, et de support de sensibilisation des nouvelles générations à l’agriculture et aux métiers du végétal, en répondant aux besoins du territoire ?
Pour répondre à cette question, le projet s’axe pour cette première année sur 2 actions principales :
- • Concevoir un projet de végétalisation de cours d’école dans un objectif de mobilisation des compétences des différents apprenants, de production de savoir et de création ;
- • Sensibiliser les jeunes générations aux enjeux des transitions climatiques et agroécologiques grâce aux cours d’école.
Le projet vise à mobiliser des apprenants à chacune des étapes du projet et favoriser les travaux collaboratifs inter-filières. Il s’agit également de produire des documents et références techniques à destination des collectivités ou d’autres établissements d’enseignement.
Présentation des grandes actions mises en place sur l’année 2025-2026
1. La reconception des cours de l’école des Dervallières : une projet pédagogique transversal entre public scolaire et étudiants
Objectif de l’action : instaurer une dynamique collaborative entre différents groupes d’apprenants pour concevoir un espace répondant aux enjeux environnementaux, sociaux et paysagers des cours d’école.
Apprenants mobilisés
- • Les étudiants IEVU (Ingénierie des Espaces Végétalisés Urbains) : étudiants ingénieurs en paysage ou en horticulture, niveau M2, de l’Institut Agro Rennes-Angers (Campus d’Angers);
- • Les étudiants en BTS MVAOE (Métiers du Végétal : Alimentation, Ornement et Environnement) deuxième année ;
- • Élèves de primaire (maternelle et élémentaire) de l’école des Dervallières,
Contexte
Cette première action s’inscrit dans le cadre d’une collaboration avec la ville de Nantes, plus précisément dans le cadre du programme des cours d’école réinventées mené par la ville depuis 2021. Le programme porte 5 grandes ambitions dans l’intérêt des enfants pour des cours d’école :
- • Climatiquement adaptées (réintroduction de végétal et surfaces perméables face aux îlots de chaleur urbains et pour gérer les eaux pluviales) ;
- • Inclusives et égalitaires (chaque enfant doit avoir sa place et pouvoir participer à l’ensemble des activités dans sa cour, quelque soit son genre, son âge ou son handicap) ;
- • Insérée dans son quartier (tant dans la trame paysagère que dans la vie du quartier, avec possibilité d’ouverture au grand public de certaines cours en dehors des périodes scolaires) ;
- • Éco-gérées et vivantes (réservoirs de biodiversité, la gestion quotidienne nécessite d’appliquer des modes de gestion raisonnés en impliquant les enfants dans l’entretien de leur espace de vie) ;
- • Ludiques et éducatives (au-delà d’être un lieu de jeu, la cour d’école devient un espace pédagogique où la nature n’est pas juste observée mais devient support d’apprentissage).
Dans cette démarche, un travail collaboratif avec des apprenants de l’enseignement agricole technique et supérieur, en paysage et horticulture, semble pertinent de par leurs connaissances et compétences, mais aussi dans une optique de travail entre pairs, avec des jeunes d’âge et de cursus différents. De par leur taille raisonnable, mais la diversité de leurs usagers et la pluralité des enjeux qui en découlent, les cours d’écoles sont également des supports pédagogiques très pertinents pour les apprenants, futurs professionnels du paysage, notamment pour aborder les questions sur la place de l’enfant dans les aménagements paysagers.
L’action en pratique
Le travail est répartie entre deux classes :
- • Les étudiants IEVU, en charge du pilotage du projet, mènent les étapes de diagnostic, concertation des usagers et conception de l’espace ;
- • Les étudiants en BTS MVAOE, en charge d’établir une palette végétale adaptée à un jeune public et au climat. Ils seront également mobilisés pour participer à un chantier de plantation en encadrant un groupe d’enfants de l’école.
La phase diagnostic est à la fois technique (analyse de sol, climatique, de la végétation) et sociale (historique de l’école et de la trame urbaine, concertation des usagers).
La concertation des usagers de la cour inclut :
- • en priorité les enfants, de moyenne et grande section pour la maternelle (selon leur capacité à s’exprimer), et de CE1, CE2 et CM1 pour l’élémentaire (les CP n’ont pas assez de recul sur la cour d’élémentaire, et les CM2 ne seront plus présents dans la future cour).
- • en second lieu les adultes : personnel enseignants, animateur.ice.s périscolaires, ATSEM, agent.e.s d’entretien, concierges ;
- • en dernier lieu les parents d’élèves.
→ L’objectif est avant tout de concerter les enfants, principaux usagers. Cela passe notamment en élémentaire par une phase de co-création de la cour menée par les étudiants avec les enfants qui sont donc acteurs de la démarche.
A l’issue de cette concertation, les étudiants IEVU conçoivent une esquisse d’aménagement des cours, en s’appuyant sur le travail mené par les BTS MVAOE sur la palette végétale. Le projet est ensuite repris par le bureau d’étude de la DNJ (Direction Nature et Jardin) de la ville de Nantes pour poursuivre la conception du projet final, en dialogue avec les équipes de l’école. Les travaux seront réalisés pendant les vacances scolaires et les BTS MVAOE participeront en plantant un ou plusieurs massifs avec les enfants de l’école, toujours dans une optique de création de lien.
Prochaines étapes
- • Reprise du projet par la DNJ ;
- • Restitution à l’école par la DNJ et les étudiants ;
- • Travaux ;
- • Chantiers de plantation par les BTS MVAOE avec les enfants de l’école ;
- • Suivi de l’appropriation de l’espace par les usagers suite aux travaux par le chef de projet (et un groupe d’apprenants, à définir).
Les actions menées aux Dervallières cette année seront reconduites sur l’année 2026/2027 sur une autre cour d’école nantaise en intégrant de nouvelles classes (BTS AP, spécialité ingénieure PPST)
Liens utiles
Restitution intermédiaire des Ingénieurs IEVU sur le diagnostic
Le référentiel des cours d’école réinventées
2. Les cours d’école comme support de sensibilisation et d’apprentissage des jeunes générations en aux enjeux environnementaux et climatiques
Objectif de l’action : Mobiliser des apprenants dans la transmission de connaissances et savoir sur le végétal et l’environnement auprès d’enfants dans une démarche d’apprentissage entre pairs.
Commanditaires : l’équipe enseignante de l’école élémentaire des Dervallières
Apprenants mobilisés
- • 1ère pro AP (Aménagements Paysagers)
- • et 1ère pro CPH (Conduite de Productions Horticoles).
→ Groupes de travail mixte
- • Élèves d’élémentaire de l’école des Dervallières : du CP au CM2,
- • Élèves de CAPA JP (fabrication de supports).
L’action en pratique
L’action fait partie du projet collectif mené en ESC par les élèves de 1ère. L’objectif est pour eux de répondre collectivement à la demande d’un commanditaire, en prenant en compte le contexte socioculturel. En l’occurrence, la demande émane de l’équipe enseignante de l’école élémentaire : proposer des ateliers pédagogiques sur des thèmes variés autour de la nature en ville, de l’agriculture et de l’environnement, et les mener lors d’une journée dédiée au sein de la cour de récréation. Il s’agit de concevoir des animations pérennes que les enseignants pourront réaliser à nouveau, ou bien des jeux que les enfants peuvent intégrer dans leur utilisation quotidienne de leur nouvelle cour.
La démarche employée par les élèves implique :
- • une visite des cours de l’école ;
- • des échanges entre les lycéens et l’équipe enseignante (formulation de notes d’intention pour présenter les propositions d’atelier) ;
- • un appui sur les ressources de la Direction de l’Education de la ville de Nantes, et sur les travaux réalisés par les étudiants ingénieurs travaillant sur le projet de reconception des cours de l’école des Dervallières ;
- • un accompagnement sur la manière de mener des animations auprès d’un jeune public par le Parcours Nature de la Direction Nature et Jardin ;
- • un passage de commande auprès de la classe de CAPA JP pour la fabrication et mise en place de bacs dans l’espace potager de la cour,
- • une organisation de la journée de restitution, avec communication autour de l’évènement.

Prochaines étapes
- • Accompagnement du Parcours Nature sur comment construire et mener un atelier pédagogique à destination d’enfant du cycle primaire ;
- • Finaliser les animation par les 1ères ;
- • Fabrication des bacs potagers et mise en place par les CAPA JP ;
- • Communication autour de l’évènement par les 1ères ;
- • 26/05/2026 : journée de réalisation des animations à l’école des Dervallières.
Perspectives
Suite de la collaboration avec l’école des Dervallières (réalisation des animations, chantiers écoles, suivi de l’appropriation de la cour, suivis de biodiversité) ;
Travaux sur une seconde cour d’école à Nantes en intégrant d’avantages de formations et en abordant de nouvelles thématiques (tests d’aménagements temporaires, cours d’école nourricières dans une optique de sensibilisation des jeunes à l’agriculture, couverts végétaux résistants au piétinement, etc.)
Collaboration pédagogie-expérimentation : Cloé DE WITTE, doctorante de l’Institut Agro Rennes-Angers travaille sur l’effet des opérations de désimperméabilisation et végétalisation des sols urbains (dont les cours d’école) sur le climat et le confort thermique des usagers (cf. Annexe). Le projet de partenariat a également pour objectif de mettre en lien son travail avec les cours des apprenants, comme les BTS MVAOE dans le cadre du module M8 “Accompagnement au changement”, en utilisant le travail effectué dans le cadre de la thèse comme support de travail autour de la démarche expérimentale.
Liens supplémentaires
Poster de présentation du projet pour l’expo flo (20/03/2026)

Pour aller plus loin
Le suivi expérimental des bilans de chaleur et d’eau lors des opérations de désimperméabilisation et végétalisation des espaces urbains
Dans le cadre de ses travaux de recherche, l’Institut Agro Rennes-Angers travaille sur le descellement des sols urbains, notamment dans le cadre des cours d’école. C’est notamment le sujet de la thèse de Cloé DE WITTE, doctorante au sein de l’Unité propre EPHor. Dans le cadre du projet, les différents éléments et données produits pourront servir à alimenter les travaux menés par les différents apprenants des deux établissements.
Portage de la thèse : Cloé DE WITTE, doctorante, Unité propre EPHor, Institut Agro Rennes-Angers
Encadrement :
Laure VIDAL-BEAUDET, Professeur en agronomie urbaine, Unité propre EPHor, Institut Agro Rennes-Angers
Sophie HERPIN, Enseignant-chercheur en bioclimatologie et microclimat urbain, Unité propre EPHor, Institut Agro Rennes-Angers, et IRSTV
Objectif de la thèse : évaluer l’impact des opérations de descellement des sols urbains et végétalisation des espaces sur les bilans thermiques et hydriques, et produire des données de référence mobilisables par la communauté scientifique, les collectivités et les apprenants.
Remarque : le terme de descellement désigne la suppression de la fonctionnalité initiale d’un revêtement imperméable soit par fracturation, soit en le retirant et le remplaçant par une couverture plus perméable (Plantes&Cité, 2024). Ce terme va au-delà de la désimperméabilisation qui concerne une restauration de la perméabilité hydrique d’un sol, le descellement peut viser l’amélioration d’autres fonctionnalités du sol.
Contexte :
La question du descellement et de la revégétalisation des sols urbains est une thématique d’intérêt au sein de l’Institut Agro Angers, notamment au sein de l’Unité Propre de Recherche EPHor (Environnement Physique de la Plante Horticole). Un premier doctorant Antoine MOREL a notamment travaillé sur les effets de la végétalisation après descellement sur le microclimat et la biodiversité végétale en ville (Source). En pratique, des stations météo ont été installées dans des milieux urbains imperméables (dans la cour de l’école des Grandes Maulévries à Angers, et sur un parking) avant la réalisation de travaux de descellement, afin de suivre l’évolution des paramètres climatiques au cours de ces opérations. Aux Grandes Maulévries, les opérations de descellement ont eu lieu fin 2023, et la végétalisation début 2024.
Depuis octobre 2025, une deuxième doctorante, Cloé DE WITTE, poursuit le travail initié par A. MOREL :
- • Poursuite de l’acquisition de données sur les stations installées à l’école des Grandes Maulévries et sur le parking Irigo et les analyser ;
- • Installer de nouvelles stations au sein d’une seconde cour d’école à Angers pour compléter le jeu de données ;
- • Compléter ces mesures continues par des mesures ponctuelles (suivi de l’évapotranspiration, du taux de recouvrement de la végétation, etc.).
Valorisation de la thèse et liens avec le projet de partenariat :
Les travaux de Cloé seront valorisés scientifiquement au travers de publications scientifiques mais serviront également aux collectivités (Angers Loire Métropole et les écoles concernées) d’avoir un retour sur la pertinence des opérations menées.
Le projet de partenariat permet également un échange de pratiques et savoirs. En l’occurrence, Cloé interviendra auprès des apprenants pour :
- • accompagner les ingénieurs IEVU dans la reconception des cours d’école, notamment via l’utilisation d’outils SIG ;
- • intervenir auprès des étudiants de BTS MVAOE dans le cadre du module “Expérimentation” pour présenter l’objet de sa thèse, et analyser une partie des données produites dans une optique de collaboration pédagogie-expérimentation.
Pour plus de précisions sur le travail d’expérimentation, contacter Cloé DE WITTE, cloe.dewitte@institut-agro.fr.
Poursuite de l’action
- • Présentation des 1er résultats aux écoles angevines ;
- • Implantation de stations météo sur une 2ème cour d’école à Angers ;
- • Mise en relation avec les BTS MVAOE dans le cadre du module Expérimentation.
Dernière mise à jour : mars 2026

